samedi 30 janvier 2010

Quatre-Quarts Paysan (Recette !)

En ces temps de froidure, je crois qu'il est grand temps
De vous recommandez mon Quatre-quarts Paysan !
Ce n'est pas un gâteau, préservons nos kilos !
Ni un plat pour les fêtes, il n'est pas assez beau.
Non, c'est tout bonnement un potage qui s'apprête
A bien nous réchauffer, dont voici la recette :

D'abord, se procurer, en bio de préférence,
Un kilo de poireaux, le vert de l'espérance,
Un kilo de tomates, le sourire de l'été,
Un kilo de carottes, pour un bon goût sucré,
Un kilo de patates qui nous lient à la terre.
Ce sont les éléments de base nécessaires.

Mais on peut y adjoindre, en moindre quantité,
Du chou ou du fenouil, céleri ou navet.
J'avoue que pour ma part, pour donner du velours,
Je mets dans mon brouet, deux beaux topinambours.
Ce pauvre tubercule, décrié par l'histoire,
Mérite de sortir du fond de nos mémoires.

Après avoir pelé et rincé ces légumes,
Choisir un grand faitout, attention au volume !
Ne pas trop les tasser et ne pas oublier
D'ajouter un oignon en morceaux, découpé
Ainsi que deux gousses d'ail. Et d'un geste naturel,
Pour couronner le tout, une poignée de gros sel.

Verser sur ce mélange, au moins trois litres d'eau,
Pour à peine recouvrir, juste une mise à niveau.
Mais faites attention, car plus vous verserez,
Plus la soupe sera fluide, perdant son velouté.
Après avoir couvert, ouvrez le feu à fond,
Pour atteindre bien vite, le point d'ébullition.

Lorsqu'enfin l'eau bouillonne, diminuez la flambée.
Ajouter des épices, du poivre pour relever.
Pour ma part, je préfère diluer simplement
Un peu de "mild-cury", pour tout assaisonnement.
Une demi-cuillère à café et c'est tout !
Ensuite, quarante minutes de cuisson à feu doux.

Vous avez un moment pour faire plein d'autres choses.
Lire, écrire, dessiner, faire du sport ou une pause !
Mais quand le minuteur, de son bip agaçant,
Vous casse les oreilles, vous savez qu'il est temps
d'aller "cessez le feu" ! Et c'est avec vigueur
Que vous ôtez le pot de la source de chaleur.

Maintenant la cuisson est enfin terminée.
Mais ce n'est pas encore le temps de consommer.
Sortez de vos tiroirs votre mixer à main
Pour mélanger le tout et ce, avec entrain.
Pour que votre brouet soit un vrai velouté,
Allez-y à cœur-joie pour tout bien écraser !

Vous venez d'obtenir quatre litres de soupe,
De quoi réconforter une petite troupe
D'une quinzaine de convives, par le froid anémiés.
Pour varier les plaisirs, dans l'assiette, ajoutez
De la crème, des croutons ou bien des champignons.
A vous d'utiliser votre imagination !

J'aperçois, étonné, vos visages contrits.
C'est un drôle de poème qu'il nous sert aujourd'hui !
Où sont le romantisme, l'absurde, la rêverie ?
C'est une galéjade, une forfanterie !
Pourtant il n'y a là aucune tromperie,
Ce texte, je l'ai écrit par pure sympathie.

Une dernière chose, car je vous sens grognon,
Essayez ce potage, je vous jure qu'il est bon !!
Janvier 2010

dimanche 24 janvier 2010

Déménagement


Montagne de cartons, bric-à-brac entassé,
Formidable dédale où la vie s'entrechoque.
Petits bouts d'existence, paquets amoncelés,
Remparts protecteurs d'une cité baroque.

Il a fallu faire vite pour tout conditionner,
Bien protéger les meubles, pour éviter les chocs.
La tâche fut ardue, et enfin terminée,
L'empilement est là, solide comme un roc.

Monceaux de souvenirs que l'on doit emmener,
Aiguillons de mémoire qui font partie du stock
De peines et d'émotions, d'amours et de gaîtés,
Sans lequel, c'est certain, nous resterions cinoques.

Mais c'est au déballage, lorsqu'il faut tout caser,
Que l'on se sent déjà, devenir de vieux chnoques.
Etait-il nécessaire de vraiment tout garder ?
Pour vivre, a-t-on besoin de toutes ces breloques ?

Il faut prendre son temps, et ne pas s'affoler,
Même si, tout à coup, comme un électrochoc,
On retrouve dans un livre, une lettre pliée,
Qui nous remue le cœur, nous donne un coup d'estoc.

Un petit mot d'amour, un billet griffonné,
Qui nous titille l'âme et surtout nous évoque
Cet amour de jeunesse, ce tout premier baiser,
Ces lèvres au goût sucré, joli fruit que l'on croque.

Et pourquoi garde-t-on ce tee-shirt délavé,
Sans forme et imprimé : "Cool Baby, I'm a Rock"?
Celui que tu portais, quand nous nous sommes croisés,
Look maintenant "has been", dont ensemble on se moque !

Un déménagement, c'est vouloir s'en aller
Pour tout recommencer, dans une autre bicoque.
Mais comme l'escargot, notre dos est chargé
De tout notre vécu. On garde tout en bloc !

On ne peut oublier nos fiertés, nos regrets,
Ainsi que nos lâchetés, ces moments équivoques.
Car partir pour ailleurs, c'est aussi accepter
D'être ce que l'on est, d'emporter ses défroques.

Ce besoin d'autre-part, cette envie de bouger,
Où hier et demain, ensemble se provoquent,
C'est un pont qui relie l'avenir au passé,
Pour un nouveau départ, un changement d'époque.
Janvier 2010

samedi 2 janvier 2010

Voeux 2010

Vous adresser mes vœux, n'est jamais un supplice.
Ils sont toujours sincères, prévenants, sans malice,
Et n'envisagent pour vous que des joies, des délices,
La santé, le bien-être, sans aucun sacrifice.

C'est un lien d'affection, comme un instant complice,
Un moment de chaleur, une fraîche oasis.
Des contours du bonheur, une ébauche, une esquisse,
Dans ce monde égoïste, négatif et factice.

Souhaiter que tous les hommes raisonnent et réfléchissent
A un futur meilleur et qu'enfin ils bâtissent
Une vie peinte en bleu comme un volubilis,
Un monde sans violence, c'est un vœu de jocrisse !

Pourtant, j'aimerais croire, entendre les prémices
De ce bouleversement, d'une poussée novatrice.
Car si chacun de nous laissait tomber Narcisse,
Voleraient en éclats, toutes les injustices.

C'est donc intimidé, rouge comme une écrevisse,
Sans être sous l'effet d'un quelconque cannabis,
Qu'à l'image des poètes, ménestrels de jadis,
Je vous souhaite simplement, sans autres artifices :

"Bonne Année 2010"
Janvier 2010

vendredi 25 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (15)

Episode 15

Le grand-père lui sourit :"N'aie crainte, mon garçon,
Considère que tu es, ici, dans ta maison.
Après tout, cela fait plaisir à ces petits !
Tu es impressionnant et pourtant si gentil.
Rien ne peut être plus original sur terre,
Qu'un vrai gorille parlant pour un anniversaire !
Sauf, en guise de gâteau, sur une frangipane
Nappée de chocolat, un régime de bananes !
- Il va falloir trouver un bon vétérinaire !"
Ajoute pour conclure, en riant, la grand-mère.
Lui se grattant la tête, elle dans ses réflexions,
Bras dessus, bras dessous, ils vont vers la maison.
Profondément touché, Tercet les suit des yeux,
En pensant qu'il existe des gens chaleureux.
Des gens qui dans ce monde, dépassent leurs émotions
Pour apporter aux autres un peu de compassion.
La vie serait plus simple et bien moins infernale,
Si l'égoïsme actuel n'était pas tant banal.
Si chacun regardait quelque fois son voisin,
Simplement pour savoir s'il ne manque de rein.
Dire bonjour et saluer les passants dans la rue,
Sourire à tout le monde, ce n'est jamais perdu.
La rencontre et l'échange sont pour tout être humain,
Des rouages essentiels pour tracer son chemin.

L'après-midi s'achève, il est temps de rentrer.
Les trois nouveaux amis se sont bien amusés.
Mais demain, c'est l'école qui va recommencer,
Et il faut préparer le cartable, les cahiers.
"Ce sera difficile de garder le silence,
Murmure soudain Callio. Alex, est-ce que tu penses
Que je dois en parler, le dire à mes parents ?
- Peut-être que c'est mieux, dit Alex conciliant.
- Voudrais-tu bien venir avec moi leur parler ?
J'ai peur que toute seule, ils ne me croient jamais !
- Bien sûr, je t'accompagne, dit Alex, tout fiérot,
Ce sera plus crédible. Notre ami, à nouveau,
Aura de la visite ! Tercet ? tu es tout drôle !"
Le gorille est pensif, soupire, lève les épaules :
"Je rêvais du gâteau décrit par ton papy.
- Tu es vraiment gourmand", s'écrie son jeune ami.
C'est ainsi que Tercet, le gorille-orateur,
S'apprêtait à goûter un moment de bonheur.
Ne se sentant plus seul, il est enfin serein
En voyant s'éloigner ces deux nouveaux copains.
Ils marchent côte à côte. Callio a le plaisir
De voir enfin Alex esquisser un sourire.
Attendrie, elle pense que son jeune partenaire
Se souviendra longtemps de son anniversaire !

(Fin de la première partie)

C'est ainsi que s'achève la première partie des "aventures d'Alex et ses amis". Je dis la première partie, car faute de temps, je ne suis pas arrivé là où je voulais vous emmener.
- Alex et Callio réussiront-ils à garder le secret ?
- Le directeur du cirque réussira-t-il à récupérer Tercet ?
- Le docteur Gorillini recevra-t-il la lettre ?
- Tercet pourra-t-il retourner au Gabon ?
- Pourront-ils faire quelque chose pour sauver le site de Kongou, contre les visées d'une compagnie minière ? (et cela, c'est vrai !)
Autant de questions qui trouveront réponses dans les prochaines "Aventures d'Alex et ses Amis". (Enfin, si le courage me prend !!!)

Joyeux Noël.

jeudi 24 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (14)

Episode 14

"Tercet, que t'arrive-t-il ?" Questionne le gamin.
"Eh, je joue au gorille !"Il répond, l'œil coquin.
Les grands-parents d'Alex n'ont pas vraiment goûté
Cette entrée en matière, proposée par Tercet.
"Madame, excusez-moi si je vous ai fait peur.
Je ne voulais pas vous causer tant de frayeur.
Au cirque, j'entamais ainsi mon numéro."
Explique le gorille, tête basse, l'air penaud.
"Eh bien mon jeune ami, ce n'est pas très malin !"
Réplique le grand-père. Mais il se tait soudain,
Car il comprend enfin qui est cet inconnu :
"Un animal qui parle, je ne l'ai jamais vu !"
A nouveau le gorille raconte son histoire.
Les adultes, eux aussi, ressentent le désespoir
D'être obligé de vivre loin de son pays,
De se cacher, de fuir, et d'être sans abri.
"Ah mais ça c'est trop fort. Où sont tous ces gredins ?
Si je tombe sur eux, gare aux coups de gourdin !"
Brandissant un bâton, le grand-père fulmine.
"Allons Paul, calme-toi et pose cette badine."
La grand-mère, gentiment, modère son époux.
Remise de son émoi, elle lui fait les yeux doux,
Puis elle fait remarquer, en poussant un soupir :
"Ne nous énervons pas, nous devons réfléchir."

"C'est une bien triste histoire, mais que pouvons-nous faire ?
- Ce pourrait être mon... cadeau d'anniversaire,
Suggère alors Alex, il resterait ici
En attendant qu'arrive monsieur Gorillini.
- C'est une très bonne idée, insiste Calliope,
Vous n'aurez rien à faire, on va s'en occuper.
Cela ne durera sans doute, que quelques jours,
Avant que le docteur ne vienne à son secours.
- Et puis il faut admettre, ajoute le garçon,
Qu'il sera bien utile pour garder la maison.
- Imaginez un peu la tête du voleur
Si c'est moi qui lui ouvre, complète Tercet, moqueur.
- J'ai comme l'impression, dit le papy d'Alex,
Que nous sommes coincés. Pourtant je suis perplexe.
Je crains que ton séjour ne soit un peu longuet
Et qu'on ne puisse longtemps préserver le secret.
- Où va-t-on l'installer ? Questionne la mamie,
Dans la chambre, au premier, mais je n'ai pas de lit !"
Le gorille l'interrompt : "Non, madame, c'est gentil.
Ne vous tracassez pas, je suis très bien ici.
Je suis un vrai gorille, surtout pas un humain,
La nuit, j'aurai besoin d'être dans ce jardin.
La cabane me convient, et pendant mon séjour,
Je ne souhaite de vous, qu'un petit peu d'amour."

(A suivre...)

mercredi 23 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (13)

Episode 13

"Cette lettre, c'est un peu une bouteille à la mer"
Médite le garçon, de retour chez grand-mère.
"Espérons qu'elle suive le plus rapide courant,
Qu'elle ne se perde pas et arrive prestement."
L'enfant est bien inquiet, il sait que son ami
Ne pourra pas rester caché dans son abri.
Il craint que son grand-père, allant se promener,
Ne se trouve un beau jour, avec lui, nez à nez.
Une éventuelle rencontre, plutôt inopportune,
Amènerait, c'est sûr, une grande amertume.
Sa décision est prise. Juste après déjeuné,
Il leur révèlera la présence de Tercet.
"Hum, hum, papy, mamie, je voudrais vous parler.
Il faut que je vous dise ce qui m'est arrivé."
C'est l'heure du café, moment de digestion,
Propice selon lui, pour capter l'attention.
Le garçon, calmement, raconte son histoire.
Il sent planer le doute dans ce doux auditoire.
Clins d'œil, sourires en coin, froncements de sourcils,
Dire la vérité est parfois difficile !
Ses grands-parents s'amusent car ils ne le croient pas.
"C'est une drôle d'aventure que tu nous conte là.
Mais tu as toujours eu plein d'imagination !
- Ce que je dis est vrai. Venez au cabanon !"

Callio, dans le jardin, attend son compagnon.
Et quand Alex, enfin, arrive sur le perron :
"Eh bien, c'est pas trop tôt !" Dit-elle, impatiemment.
Un temps puis elle ajoute, sans voir les grands-parents :
"J'ai bien mis dans la boîte le pli pour le Gabon.
J'espère que son périple ne sera pas trop long.
Là, dans mon sac à dos, j'ai mis une couverture,
Des fruits, du chocolat et de la confiture.
- Voilà, j'ai tout compris, s'exclame le grand-père,
Vous allez de nouveau, fêter l'anniversaire !"
Puis, après un silence :"Une lettre expédiée ?
Oh la la, je commence à devenir inquiet.
Ne me dites surtout pas qu'ici, dans ma maison,
Vit un monstre animal, un gorille du Gabon !
Il me faut un bâton, un fusil, la police.
Pour l'empêcher de nuire, j'explose la bâtisse !
- Non papy, calme-toi. Il n'y a pas de raison
D'avoir peur pour nos vies. C'est un gentil garçon.
Le plus simple serait de vous le présenter."
Et devant la cabane :"Tercet, peut-on entrer ?"
Alex pousse la porte. Le gorille est dressé.
Il se frappe la poitrine et se met à gronder.
"Il va nous dévorer !", s'écrie mamie, soudain.
"Mais non, murmure Callio, il est végétarien !"

(A suivre...)

mardi 22 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (12)

Episode 12

"Le plus simple serait de pouvoir contacter
Ce savant africain, qui t'a si bien soigné."
La réflexion d'Alex est faite à haute voix.
"Tu as raison, Alex, nous n'avons pas le choix,
Lui répond Calliope, comment le retrouver ?
A ce propos, Tercet, est-ce que toi tu le sais ?
A-t-il le téléphone, une adresse, un e-mail ?
On ne sait où il est ni comment il s'appelle !"
Le gorille reprend :"Ça, je peux vous le dire.
C'est vraiment très facile si on veut lui écrire.
Il suffit de noter sur le devant du pli :
Ogooué-Ivindo, Docteur Gorillini.
Son dispensaire se trouve dans le parc national,
Près des chutes de Kongou. Elles sont phénoménales !
Les plus belles d'Afrique et les plus grandes aussi.
Pour les hommes et les singes, c'est un vrai paradis."
Tercer pousse un soupir, ses yeux sont tout mouillés.
Il pense avec douleur, à ces lointaines contrées.
"Es-tu vraiment certain que l'adresse suffira ?"
Demande Calliope. "Oh oui, cela ira."
Elle se tourne vers Alex, mais il est déjà loin :
Les yeux levés au ciel, la tête dans ses mains,
Il songe que cela serait vraiment génial
D'aller voir cette grande forêt équatoriale.

Callio s'exclame alors : "Dites donc, les copains,
Il faut se dépêcher, écrire avant demain.
Car l'école recommence à partir de jeudi,
Et ce soir, les vacances de Toussaint sont finies !
Je file à la maison chercher de quoi écrire,
Un crayon, une enveloppe, des sous pour l'affranchir."
Tel un fort courant d'air, elle passe par la porte.
Elle ne court même pas, c'est Eole qui l'emporte !
Quinze minutes plus tard, la voilà revenue.
"Par quoi commence-t-on ? Qu'est ce que j'écris dessus ?"
Trois têtes sont penchées eu-dessus de la lettre,
Chacun élaborant la meilleure phrase à mettre.
Ils sont très appliqués, travaillent en silence.
Chaque mot est pesé, pour se donner la chance
De convaincre cet homme, ce docteur-chirurgien,
Afin qu'il rapatrie Tercet parmi les siens.
Il leur a bien fallu toute la mâtinée,
Pour que cette missive soit enfin rédigée.
La fillette propose qu'en allant déjeuner,
Elle passe par la poste, afin de l'expédier.
C'est vrai qu'il faut rentrer, c'est l'heure d'aller manger !
"Je reviens tout à l'heure. Surtout, reste discret."
Dit Axel à Tercet. "Promis, je ne sors pas.
Mais peux-tu ramener un peu de chocolat ?"

(A suivre...)

lundi 21 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (11)

Episode 11

Un rayon de soleil chatouille son oreille.
Alex ouvre les yeux et enfin se réveille.
Il remonte le drap sur le bout de son nez,
Et puis, finalement, décide de se lever.
Se lever ? Mais alors, il est bien dans son lit !
Or, c'est à la fenêtre qu'il s'était assoupi.
Est-ce que toute cette histoire a vraiment existé,
Ou alors, somme toute, n'a-t-il fait que rêver ?
Il se dit qu'un gorille vêtu d'un bermuda,
Doté de la parole, aimant le chocolat,
Cela n'existe pas, qu'il l'a imaginé !
"C'est dommage, soupire-t-il, mais je vais déjeuner."
Encore tout embrumé, il va dans la cuisine,
Et aperçoit Callio, mordant dans une tartine.
Sa grand-mère lui sourit :" Ah, te voilà enfin,
Veux-tu du chocolat et des tranches de pain ?
- Calliope ? C'est bien toi ?, interroge le garçon.
- Evidemment c'est moi, calmement, elle répond,
Tu m'avais demandé de passer ce matin,
Et j'étais très pressée de revoir le..... jardin !"
Tout ceci est donc vrai, Alex n'a pas rêvé.
Il a hâte à présent, de retrouver Tercet.
Le repas, la toilette, tout est vite expédié,
Et enfin les enfants sortent tout excités.

Ils vont vers la cabane, le cœur un peu serré,
Ne sachant pas ce qui a bien pu arriver.
Est-ce une déconfiture ou une réussite ?
Le gorille est-il là, ou bien toujours en fuite ?
A voix basse, les enfants appellent leur ami :
"Tercet ?" Pas de réponse. "Tercet, es-tu ici ?"
Ils sont derrière la porte, rien ne semble bouger.
Tous les sens alertés, ils n'osent pas entrer.
Bravement le garçon entrouvre le battant.
Ce qui s'offre à leurs yeux est un tableau charmant :
Enserrant un poireau dans son bras replié,
L'animal, allongé, ronfle sans s'arrêter !
Alex fait des yeux ronds, Callio éclate de rire,
Ce qui trouble Tercet et le fait réagir :
" Ah, c'est vous, les amis, dit-il en s'étirant,
Tout c'est très bien passé, c'était un très bon plan.
J'ai même pu faire un tour dans le vieux potager
Et je me suis gavé de poireaux, de navets !"
Les enfants sont aux anges, leur ami est sauvé.
Enfin, pour le moment, tout n'est pas terminé !
En effet, maintenant, le plus dur reste à faire :
Réfléchir et trouver les moyens nécessaires
Afin de faire partir Tercet vers le Gabon,
Pour qu'il retrouve enfin sa forêt, sa maison.

(A suivre...)

dimanche 20 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (10)

Episode 10

Alex et Calliope inspectent la cabane.
Juste quelques outils et une vieille bécane.
Ils voient le long du mur un antique sofa,
Au tissu abîmé par les griffes du chat.
"Voici exactement ce qu'il faut à Tercet !
S'exclame Calliope, un endroit où coucher.
Demain, j'apporterai une bonne couverture,
Et pour qu'il n'ait plus faim, un peu de nourriture.
- Regarde, dit Alex, pas un grain de poussière !
Il a tout nettoyé, l'ancien propriétaire.
Et puis tu as raison, on listera demain
Ce qu'il faut amener pour qu'il se sente bien.
- Attends, j'ai une idée, réplique alors Callio,
Donne-moi du papier, j'ai déjà un stylo.
Je vais lui faire un mot, pour bien lui rappeler
De ne pas faire de bruit, et de rester discret."
Tout à coup, une voix s'élève dans le soir :
"Alex, il faut rentrer, il va bientôt faire noir.
Il faut que ton amie rentre chez ses parents.
N'oublie pas que maman appelle dans peu de temps."
C'est ainsi que se clôt une journée bien remplie.
"Je te remercie bien pour ton aide aujourd'hui,
Dit Alex à Callio, Je te revois demain ?"
La jeune enfant sourit :"Bien sûr, si tu veux bien."

"Tu as l'air fatigué, c'est l'heure d'aller au lit !
Tu as beaucoup joué avec ta jeune amie."
Le garçon vient d'entendre les mots tant espérés,
Il va enfin pouvoir commencer sa veillée.
Sa chambre est au premier, elle donne sur le jardin,
Position idéale pour guetter son copain.
Il pourra vérifier, tout en restant dans l'ombre,
Que le plan concocté se déroule sans encombre.
Une bise à grand-mère, à papy un bisou.
Il court vers l'escalier. "Ne joue pas les casse-cous !
Et n'oublie pas surtout, de te laver les dents.
- Oui mamie, répond-t-il, je le fais maintenant."
Posté à la fenêtre, Axel est attristé.
Les jours d'anniversaire, pour lui, ne sont pas gais.
Ils font tout ce qu'ils peuvent, ses gentils grands-parents,
Mais il ne peut sourire, il y a trop d'absents :
Sa mère n'est jamais là, toujours trop occupée,
Elle prend juste le temps de lui téléphoner.
Elle a beau lui promettre qu'elle sera là bientôt,
Elle ne partage jamais avec lui, le gâteau.
Son papa est-il mort ou vit-il quelque part ?
Il a le cœur bien lourd, un début de cafard.
Une larme descend sur sa joue, doucement,
Ses paupières se ferment et le sommeil le prend.

(A suivre...)

samedi 19 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (9)

Episode 9

Tercet et les enfants échafaudent le plan
Pour mener à bon terme, ce déménagement.
Après mûres réflexions, il est donc convenu
Qu'aux douze coups de minuit, il franchira la rue,
Et faisant attention à ne pas se faire voir,
Il se faufilera en suivant le trottoir
Jusqu'à la porte en bois donnant sur le jardin
Laissée ouverte, exprès, par le jeune bambin.
Seize heures viennent de sonner au clocher de l'église.
Le garçon doit rentrer. "Surtout pas de bêtises !"
Lance -t-il à Tercet. "A tout à l'heure chez moi."
Il se tourne vers Callio : "Vite, vite, dépêche-toi !
Nous devons arranger un peu le cabanon,
Pour aider le séjour de notre compagnon."
Explique le gamin à sa jeune équipière.
"J'espère qu'il n'y aura pas beaucoup de poussière !"
En voyant les enfants s'éloigner à grands pas,
Le gorille est ému, il sent son cœur qui bat.
Se retournant, Callio fait coucou de la main.
Tercet, la larme à l'œil, remonte dans son pin.
"Le monde est étonnant, pense-t-il soudain,
Ils sont si différents, tous ces êtres humains :
Enfants, ils sont plaisants, gentils, compatissants.
Pourquoi, en grandissant, deviennent-ils méchants ?"

Les voilà arrivés. Traversant la cuisine,
Alex dit à grand-mère, de façon anodine :
"Mamie, je suis rentré. Je vais dans le jardin
Pour voir, avec Callio, où nous jouerons demain."
Avant toute réponse, les voici ressortis,
Avec pour objectif, la cabane à outils.
Une angoisse les étreint. Et s'il y avait des bêtes ?
Araignées et serpents, un monstre ou une chouette !
"Alex, attends, j'ai peur, dit Callio, pilant net,
Là dedans, c'est tout noir ! As-tu des allumettes ?
- Je vais chercher la lampe, patiente un court instant."
Direction la maison, il repart en courant.
Dans le hall d'entrée, vite la torche électrique.
Pour dissiper les peurs, c'est une arme magique !
Les mains devant les yeux, Callio n'a pas bougé.
"J'ai entendu du bruit" murmure-t-elle apeurée.
Armé de sa lumière, Alex pousse la porte.
Elle semble bloquée; "Dis, prête moi main forte,
Lance-t-il à la fille, aide-moi à pousser !
En s'y mettant à deux, on doit y arriver."
La porte cède enfin, en grinçant doucement.
Un bruit à l'intérieur, un étrange miaulement.
Alex braque sa torche. Une forme surgit.
C'est le chat du voisin qui squattait le logis !

(A suivre...)