Même
lieu, même jour mais 83 ans d’écart !
Le
1er juillet 2016, une octogénaire meurt en bas de son escalier, en
voulant récupérer le courrier dans sa boîte aux lettres. Simple accident semble-t-il
mais les conclusions du médecin légiste sèment le doute chez les autorités, d’autant
plus que la victime tient un message énigmatique dans le creux de sa main.
Natacha
et Samuel, deux inspecteurs du Canton de Vaud, sont chargés d’enquêter sur
cette mort suspecte. Au fil de leur recherche, ils relèveront d’autres décès
suspects ayant eu lieu lors de 1er juillet de différentes années, dont
le premier en 1933.
Voici un polar Suisse !
Oui, il se passe parfois des choses criminelles en Suisse, outre les crimes en cols blancs. Mais là, pas de détournements de fonds, de comptes numérotés pour blanchir de l’argent sale, même si une forme de chantage est mise en place, durant ces 83 années.
Il faut remonter au 1er juillet 1933, lorsque deux enfants de migrants italiens, Concetta et Alfredo, sont agressés par les enfants du village, qui leur reprochent leur origine. Petite scène du racisme ordinaire… Mais ce jour-là, parce qu’il se retrouve attaché à un arbre, Alfredo ne pourra pas protéger sa sœur jumelle, que l’on retrouvera noyée dans le lac Leman.
Les deux inspecteurs vont, à partir d’une vieille photo de classe, répertorier tous les décès suspects pendant toutes ces années. Vengeance ? Accidents ? Suicides ? Meurtres ? Ou autre chose ? Le lecteur est tout aussi perdu que Natacha et Samuel par certaines incohérences dans l’enquête. Et c’est tant mieux !
En même temps, on s’attache au personnage de Natacha, à son histoire amoureuse avec Stéphane, sur les réseaux sociaux. C’est un deuxième roman à l’intérieur de ce polar.
Mais ces deux histoires nous racontent comment le passé influence notre comportement tout au long de nos vies. D’autre part, elles mettent en évidence les forts liens qui résultent de la gémellité, même s’il existe des perceptions différentes entre des jumeaux monozygotes et des hétérozygotes. Enfin, l’auteure aborde les faux problèmes suscités par l’arrivée d’étrangers qui ne veulent que trouver du travail et offrir la paix à leurs enfants.
Beaucoup de sujets sont abordés par Magali Meylan dans cet ouvrage, au risque d’apporter de la confusion dans le récit. Mais l’auteure s’en sort plutôt bien et le suspens n’est pas dénaturé.
Un
premier roman à découvrir, avec peut-être une suite pour approfondir les
relations entre les deux inspecteurs…
