mardi 15 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (6)

Episode 6

Alex et Calliope, malgré leur émotion,
Ne perdent pas une miette de cette narration.
"Ensuite, je ne sais rien de ce qui c'est passé."
Ajoute le gorille, les yeux tout embués.
"Tout ce que je peux dire, c'est qu'un jour, un matin,
Je me suis réveillé, l'esprit bien incertain.
Allongé sur un lit, je ne pouvais bouger
Que mes doigts et mes pieds, le reste était bloqué.
Je ne connaissais pas ce genre de décor,
Mais ne m'inquiétais pas, je croyais être mort !
Promenant mon regard, je vis devant mes yeux
Un homme, bras croisés, revêtu d'une blouse bleue.
"Enfin tu te réveilles" dit-il en souriant,
"Cela fait trois semaines que tu es inconscient"
En fait ce n'était pas une sorte de martien,
Mais pour les animaux, un savant chirurgien.
Pour l'étude des primates, sa vraie spécialité,
Il cherchait des gorilles vivants à observer.
Et c'est donc par hasard, au détour d'un sentier,
Qu'il tomba sur le groupe de mon père, décimé.
M'apercevant couché sur le corps de ma mère,
Il m'emmena vite fait, jusqu'à son dispensaire.
Il fit tout son possible, afin de me soigner,
Sans savoir s'il réussirait à me sauver."

Callio dit, intriguée :"Mais qu'est-ce que tu avais ?
- J'avais précisément une jambe cassée,
Le larynx entaillé et un trauma crânien.
Et j'étais affaibli, car je ne mangeais rien !
Savez-vous que l'écart entre le singe et l'homme
N'est que de deux pour cent, au niveau du génome ?
Aussi, vu mon jeune âge, et me croyant perdu,
Ce savant m'opéra d'une façon saugrenue :
Pour soigner mon larynx, lui refaire une cloison,
Il prit comme modèle, celui d'un jeune garçon.
L'expérience réussit et voilà donc pourquoi,
Je parle comme vous, avec cette drôle de voix !
- Ça alors, dit Alex, c'est extraordinaire !
- Oui mais c'est un secret. Surtout il faut vous taire.
- Mais comment se fait-il que tu te caches ici ?"
Demande Calliope. "Est-ce que tu t'es enfui ?
- Oh non, certainement pas. J'étais heureux là-bas.
Mais au fond de la jungle, tout se sait, tout se voit.
Je reprenais des forces, j'étais bientôt guéri.
J'apprenais le langage de mes nouveaux amis.
Mais c'était la forêt qui me faisait rêver.
Pourtant on me disait "Tercet, c'est grand danger,
Pour un gorille comme toi, il y a des braconniers !"
Mais moi, je voulais juste aller me promener."

(A suivre...)

lundi 14 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (5)

Episode 5

"C'est juste une copine, elle est venue m'aider.
-OK, je vais descendre." Dit-il tranquilisé.
Arrivé sur le sol, il salut la fillette.
"Bonjour, je suis Tercet, Tu as l'air gentillette !"
Callio ne sait que dire. Tout son esprit s'embrouille.
Elle reste là, figée, fixant ce drôle d'arsouille.
"Je vois que vous avez apporté un gâteau,
Avec du chocolat ! Merci pour ce cadeau !"
Les gosses n'ont pas le temps de prendre un air réjoui,
En deux temps, trois mouvements, il a tout englouti.
Alex secoue Callio :" Ah, qu'est-ce que je disais ?
Tu vois, j'avais raison, il existe pour de vrai !
- C'est extraordinaire, bredouille-t-elle enfin,
Comment es-tu venu vivre dans ce jardin ?
Depuis quand te caches-tu ? Tu dois avoir bien froid,
A rester tout là-haut, vêtu d'un bermuda !
Et que sont devenus tes parents ? Tes amis ?
Et qui te veut du mal ? Quels sont tes ennemis ?
Si tu restes dans ce parc, tu vas te faire prendre,
Car, bien sûr, pour manger, il te faudra descendre."
Callio reprend son souffle et Tercet en profite
pour prendre la parole : "Stop ! Arrête petite.
Dis donc, mon garçon, où l'as-tu dénichée ?
C'est une pipelette ! Jamais elle ne se tait ?"

Tercet ayant enfin calmé son appétit,
Le garçon lui demande de finir son récit.
"Où m'étais-je arrêté ?" Questionne l'animal.
"Tu tombais dans un trou. Est-ce que tu t'es fait mal ?
- Comme j'étais évanoui, je ne sentais plus rien.
Je suis resté longtemps, couché dans ce ravin.
Lorsque je m'éveillais, la jambe me faisait mal,
Et pour gravir la pente, l'effort fut colossal.
J'avais beau écouter, plus de coups de fusils.
Ces méchants braconniers étaient enfin partis.
Arrivant au sommet, je vis sur le chemin,
Ma mère, ensanglantée, frappée par ces vilains.
Je me couchais sur elle, en espérant encore
Trouver un peu de vie, dans ce malheureux corps.
Mais il a bien fallu me rendre à l'évidence,
J'avais auprès de moi une dépouille, une absence.
Comment allais-je faire, pour vivre maintenant ?
J'étais encore trop jeune, pour être sans parents.
Qui pourrait à présent m'aimer et me chérir,
M'apprendre les dangers, m'éduquer, me nourrir ?
Cette jambe et ce cou qui me faisaient souffrir !
Je n'avais plus de choix, il me fallait mourir.
Je me blottis contre ce corps privé de vie
Et fermant fort les yeux, ma conscience s'endormit."

(A suivre...)

dimanche 13 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (4)

Episode 4

"J'accepte ta promesse, mais pas de trahison !
Allez, on se dépêche, direction la maison.
- Mais, puisque j'ai juré, c'est à toi de parler.
Tu dois me révéler maintenant, ce secret !"
Tous les deux trottinant, Alex lui décrit
La rencontre qu'il fit dans le parc, aujourd'hui.
"Un gorille dans le square ? Cela ne se peut pas !"
Dit-elle en s'arrêtant. "Là, je ne te crois pas.
- Et pourtant je dis vrai ! Viens, nous sommes arrivés."
Sans toquer à la porte, ils franchissent le palier.
Alex en pénétrant, lance à tous les échos :
"Mamie, puis-je emmener une part de gâteau ?
- Eh bien, que t'arrive-t-il ? Tu as l'air bien pressé."
Questionne sa grand-mère, descendant l'escalier.
"Tu ne me présentes pas cette jeune demoiselle ?
-Si, si, c'est Calliope. Le gâteau, c'est pour elle."
La fillette, surprise, ne peut que bredouiller :
"Oui. Non. Enfin peut-être. Je n'ai rien demandé !"
La sentant très gênée, il reprend la parole :
"C'est pour bien préparer ma venue à l'école.
Ces enfants dans le parc, qui jouent, pleins de gaîté,
Je vais les retrouver, jeudi, à la rentrée.
Et je ne voudrai pas passer pour un idiot !
Alors, est-ce que je peux avoir de ce gâteau ?"

La grand-mère, amusée, finit par accepter
Cette requête gourmande, si bien argumentée.
Puis elle dit, s'adressant à la jeune demoiselle :
"Je connais ton prénom, ma jeune tourterelle,
Mais c'est un peu léger. Vis-tu dans le quartier ?
- Oui madame. Pas très loin. Juste de ce côté."
Dit-elle, montrant du doigt l'école communale.
"Papa est policier, inspecteur principal,
Et maman professeur. C'est pourquoi je savais,
Bien avant tout le monde, qu'Alex arriverait.
Je souhaitais donc le voir, simplement lui montrer
Que tout ira très bien, juste le rassurer.
- C'est gentil, Calliope. Me voici soulagée.
Prenez votre gâteau et allez, ouste, filez !
Dis Alex, n'oublie pas, ne rentre pas trop tard,
Maman doit appeler, ne sois pas en retard."
Les voilà repartis, trottinant de nouveau,
Tenant bien fermement, la grosse part de gâteau.
Arrivés sous le pin, il dit à Calliope :
"J'appelle le gorille, et toi tu fais le guet !"
Callio veut bien jouer, mais elle reste incrédule,
Elle pense au fond d'elle-même que ce garçon fabule.
"Tercet ? Où donc es-tu ?" Elle l'entend s'écrier.
"C'est toi petit garçon ? Qui est à ton côté ?"

(A suivre...)

samedi 12 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (3)

Episode 3

Alex, tout étonné, ne peut que murmurer :
"Alors, alors, la suite !" Tercet se sent gêné.
"Ecoute mon garçon. Je veux bien continuer,
Mais avant toute chose, il me faudra goûter.
En effet, cela fait maintenant quatre jours
Que je n'ai pas mangé, sauf une pomme au four !
Et si cet arbre est grand et me cache aux passants,
Il n'a que des épines. Ce n'est pas très marrant !
- Mais moi je ne sais pas ce que mangent les gorilles.
Veux-tu une pizza ? Une omelette aux morilles ?
Dis-moi ce que tu souhaites avant qu'il soit trop tard.
Je fonce chez Mamie, je fouille dans ses placards.
- Je suis végétarien et ne croque que les feuilles,
Les tiges ou bien les fruits." Et, en clignant de l'œil,
Il ajoute doucement, se tortillant les doigts :
"Mais ce que je préfère, c'est du bon chocolat !"
Alex est fort content, le voilà rassuré.
Il sait bien à présent ce qu'il va ramener :
La moitié du gâteau qui est à la villa,
Une pâte aux amandes, nappée de chocolat.
"Ne bouge pas Tercet, je reviens tout de suite.
J'amène le repas, tu me racontes ensuite."
Tercet voit le garçon partir à tire-d'aile,
Et remonte dans l'arbre, bien frêle citadelle.

Alex, dans ses pensées, fonce comme un voleur.
Un choc à son épaule et un cri de douleur !
Il s'arrête, étonné, ne peut que remarquer
La fille, assise par terre, qu'il vient de bousculer.
"Oh ! Je suis désolé, je ne t'avais pas vue.
Ça va ? Tu n'as pas mal ? Vraiment je suis confus.
- Non, non, cela ira." Répond-t-elle, se levant.
Elle tâte son épaule, brosse ses vêtements.
"Mon nom est Calliope, mais on m'appelle Callio !
Et toi tu es Alex, dans la classe, le nouveau.
Je t'ai vu arriver, avec tes grands-parents.
J'habite près de l'école, en fait, juste devant.
Je te cherchais pour jouer et faire ta connaissance,
Pour que tu viennes en classe, sans aucune réticence.
- Euh, c'est vraiment sympa, mais là, je suis pressé.
- C'n'est pas grave. Je te suis, je vais t'accompagner !"
Alex est embêté. Il sent que cette fille
Ne le lâchera pas. Bien qu'elle ait l'air gentille,
Il ne sait pas jusqu'où il peut lui faire confiance,
Et de son drôle d'ami, révéler l'existence.
"Pour venir avec moi, tu dois d'abord jurer
De garder le secret que je vais te confier.
- Ce n'est pas difficile, je sais très bien me taire.
Et même, si tu le veux, je le jure sur ma mère !"

(A suivre...)

vendredi 11 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (2)

Episode 2

"Enfin de l'exercice ! Cela fait bien plaisir
De descendre de l'arbre pour bien se dégourdir.
Allez, mon petit gars, il faut te secouer,
Revenir sur la terre. Mais surtout, sans crier !"
L'enfant est immobile, il n'en croit pas ses yeux.
Là, devant lui, se dresse un gorille aux yeux bleus !
Pas un déguisement. Non, non, un animal,
Qui mesure deux mètres et se veut amical.
Il ne sait pas ce qui est le plus surprenant :
Avoir devant le nez, une sorte de géant
Qui porte un bermuda, ou voir un animal
Qui d'une étrange voix, pratique l'art de l'oral.
Le gorille tourne en rond, fait de la gymnastique :
"Il n'y a que le sport pour garder son physique !
Allez, remue-toi donc et sors de ta stupeur.
Un grand garçon comme toi, ne doit pas avoir peur.
Je sais, cela surprend toujours un peu les gens
D'avoir devant les yeux, un gorille qui, parlant,
Raconte gentiment, des contes de son pays,
Ou alors simplement, tout ce qu'il a subi.
Mais c'est une longue histoire. Je te la conterais
Si tu es bien gentil !" Alex, tout étonné,
Revient de son émoi. Il bafouille ses questions :
"Euh, qu'est-ce que tu fais là ? Et c'est comment ton nom ?"

"C'est un bien long récit. Est-ce que tu es pressé ?
Non, pas trop ? Je commence : Je me nomme Tercet.
- C'est un drôle de prénom que je ne connais pas !
- Il vient de ce monsieur qui m'a donné ma voix.
Mais n'anticipons pas. Ecoute maintenant :
Je suis né au Gabon, depuis plus de quatre ans.
Petit, avec ma mère, j'étais heureux, vraiment,
Dans le groupe de mon père, le mâle dominant.
Nous vivions tous ensemble, au sein de la forêt
Mangent à satiété des pousses, des feuilles, des baies.
Mais un jour, au matin, j'avais à peine un an,
Nous fûmes attaqués par un gang de méchants.
Ils avaient des fusils, tiraient dans tous les coins.
C'est facile dans la jungle, tout se fait sans témoins !
Ils voulaient capturer quelques jeunes gorillons
Pour les vendre à des cirques, une vile occupation !
Mon père, en chef de groupe, nous fit signe de fuir.
Voulant nous protéger, il se frappa le cuir,
Faisant face aux canons, il cria sa colère.
Et c'est debout, dressé, que les balles le frappèrent.
Ma mère me poussant, je partis en courant,
Droit devant dans la jungle, les branches me cinglant
Le visage et le cou. Un coup de feu partit.
Je tombais dans un trou, assommé, étourdi."

(A suivre...)

mercredi 9 décembre 2009

L'Anniversaire d'Alex (1)

Episode 1

Dans le square, sur un banc, Alex est silencieux.
Il aperçoit au loin des enfants dans leurs jeux.
Il voudrait bien jouer, partager leur gaîté,
Mais il reste tout seul. Il se sent ignoré.
Il n'a aucune raison de rester solitaire.
Il va avoir sept ans, c'est son anniversaire !
Qui pourrait partager avec lui le gâteau ?
Ne pouvant pas répondre, il éclate en sanglots.
Nouveau dans le quartier, il n'a pas de copain.
Ses parents sont absents, il se sent orphelin.
Son père a disparu, quelque part en Afrique,
Alors qu'il effectuait un voyage scientifique.
Sa mère, elle, est partie juste après l'accident,
Vivre aux Etats-Unis, pour gagner de l'argent.
Mais, c'est uniquement pour oublier sa peine,
Qu'elle a choisi de vivre comme une américaine.
Parce qu'ils en ont la garde, ce sont ses grands-parents
Qui s'occupent de lui, depuis près de quatre ans.
Vivant à la campagne, il a vu comme une tuile,
Le fait qu'ils déménagent et se retrouvent en ville.
Il regarde ses pieds qui pendent sous le banc.
Le bonnet sur la tête, mains au chaud dans ses gants,
Il laisse filer le temps. Quand soudain une voix,
Semblant tomber du ciel, provoque son émoi.


"Salut petit garçon, et surtout n'aies pas peur"
Surpris par ces propos, il sursaute de frayeur.
Il lève alors les yeux, voulant se rassurer,
Persuadé somme toute, qu'il n'a fait que rêver.
Ce grand pin parasol peut servir de cachette !
Il n'y a que du noir au-dessus de sa tête.
Il examine cette ombre. Il a beau regarder,
Il ne voit rien du tout. Il soupire, soulagé.
Il se dit que, peut-être, il est temps de rentrer.
Sa mamie doit l'attendre, près de la cheminée.
Il saute de son banc, se rajuste, part chez lui.
C'est alors qu'à nouveau, cette voix retentit :
"Attends, ne t'en va pas. Je voudrai te parler.
- Mais qui donc êtes-vous ? Montrez-vous, s'il vous plaît !
- Surtout n'aies pas de crainte. Je te vois malheureux.
Je suis caché dans l'arbre. Je descends, si tu veux."
Alex ne sait que faire, il est bien hésitant.
S'il était raisonnable, il fuirait en courant.
Mais la curiosité est mauvaise conseillère :
"D'accord, soyez gentil, sinon....Gare à grand-père !"
Il entend puis il voit quelques branches bouger.
Une ombre gigantesque semble se profiler.
"Attention, pousse-toi un peu, je vais sauter."
C'est un drôle d'animal, Alex est sidéré !

(A suivre...)

dimanche 6 décembre 2009

Et bien voilà...

Puisque dans peu de temps, nous fêterons Noël,
Le seul évènement vraiment universel,
Car, plus que la croyance, c'est pour tous à présent,
Un moment partagé pour fêter les enfants.
Pour ne pas être en reste, saisissant l'occasion,
J'ai commis une histoire, un petit feuilleton.
A compter de jeudi, et ce jusqu'au vingt quatre,
Les gamins le liront, assis au coin de l'âtre,
Ou, plus classiquement, ce seront les parents
Qui pourront sacrifier un soupçon de leur temps
A leurs enfants mignons, à ces petite chéris,
Afin d'en raconter, chaque soir, une partie.

Comme le calendrier que l'on dit de l'avent,
J'espère que les enfants, dans leur lit, s'endormant,
Penseront quelque peu à ces nouveaux copains,
Et seront impatients d'être déjà demain,
Pour connaître la suite de cette petite histoire,
Les faisant patienter ainsi jusqu'au grand soir !
Mais comme je ne suis qu'un bien piètre écrivain,
J'ai écris ce récit en faux alexandrins,
Souhaitant que la musique des rimes et des vers
Aiderait le travail des mères et des pères.
Je sais que tout cela semble bien prétentieux,
Alors que je ne veux que vous distraire, un peu !

Vous qui passez parfois, la porte de ce blog,
Je vous fais une requête, pour clore ce monologue :
N'ayant aucun recul sur cette narration,
Merci de me laisser un mot, une opinion.
Si vous êtes simplement lecteur occasionnel,
Ou bien fan anonyme, ou abonné fidèle,
Et même si ce n'est pas dans vos habitudes,
C'est pour moi un sondage, une sorte d'étude,
Qui m'indique si je peux continuer dans ce sens
Ou s'il est préférable que je fasse silence
Sur ce type de texte, drôlement versifié,
Qui n'a pour seul objet, que de vous amuser.

Merci et bon feuilleton !

mardi 1 décembre 2009

La Demoiselle


Gracile demoiselle, accrochée à ce brin,
Profite de l'été pour vivre ton destin.
Les minutes s'écoulent, comme l'eau au moulin.
Ne reste pas ainsi, cultivant ton dédain.

Il est temps maintenant, de prendre ton envol,
De vivre enfin ta vie, laisser ta camisole.
Regarde la lumière et, comme le tournesol,
Fais confiance au soleil, il te rendra frivole.

Parce qu'elle est trop courte, apprécie l'existence.
Le monde autour de toi, t'offre son abondance.
Ne laisse pas passer cette sublime chance.
Tu n'as qu'un pas à faire pour entrer dans la danse.

Grise-toi pleinement de cette brise d'été,
Qui caresse ta livrée et rend ton cœur léger.
Et, écartant tes ailes, laisse-la pénétrer
Au plus profond de toi, pour enfin t'échapper.

Discrète et éthérée, lance-toi au hasard,
Te laissant emporter par ce souffle bizarre.
Tu fais le tour des champs, des étangs et des mares,
Et calmes ton ivresse sur un frais nénuphar.

La porte de ton cœur, ne la garde pas close,
Car tu ne dois jamais oublier une chose :
Il a fallu des mois et des métamorphoses
Pour être ce bleuet voguant parmi les roses.

Il n'est plus temps pour toi, de rester solitaire.
Trouve-toi des amis, rencontre un partenaire.
Songe bien que ta vie, est une bulle éphémère,
Et que l'automne venue, tu ne verras l'hiver.

Goûte à tout, aujourd'hui, et n'attends pas demain,
Gracile demoiselle, car je sais ton destin :
Pour toute chose, Saturne, a prévu une fin.
Profite de la vie, avant de n'être rien.
Novembre 2009

vendredi 20 novembre 2009

Microscope Electronique ?


Un océan de lave pétrifiée ou imagerie médicale ?
Je vous laisse méditer et trouver la solution.

samedi 7 novembre 2009

Rats-Mages

Ayant, par curiosité, fourré mon nez dans ma boîte à "Chats-Pitres", grande fût ma surprise de constater qu'ils avaient disparu !
Mais, en regardant de plus près, je vis que leurs ennemis héréditaires, les "Rats-Mages", occupaient la place.
Courageusement, j'en capturai quelques spécimens que je livre maintenant, à votre sens de l'humour :

Le rat-money :
D'origine anglo-saxonne, et de culture libérale avancée, cet animal, jamais rassasié, n'a de cesse de monter et descendre le long des cours de la bourse, pour s'en mettre plein la panse.

Le rat thon-laveur : (petit hommage à Prévert)
On le trouve essentiellement dans les poissonneries, les soirs d'inventaire. Il se délecte des écailles et des viscères tombés à terre et sait faire place nette (même dans les coins !).

Le rat d'auteur :
Compagnon fidèle des auteurs et des poètes en mal d'inspiration, il agace ces derniers par l'habitude qu'il a de faire encore et toujours la même chose.

La rate-à-tine :
Une femelle de couleur brune qui rétrécie sa taille et son volume, à force de se terrer dans divers récipients, s'il sont faits de bois.

Le rat-vit-ailleurs :
Toujours absent, ce mâle en éternel mouvement, est obsédé par l'approvisionnement de ses congénères, à tel point qu'il n'est jamais présent pour manger ce qu'il a ramené (ou "rat-mené"). C'est dire si son espérance de vie est faible : une sous-alimentation chronique alliée à un stress permanent !

Le rat-quête :
Souvent rencontré aux abords de Roland Garros, il est d'un naturel paresseux et possède de longues dents menaçantes qu'il exhibe méchamment, lorsqu'il veut quelque chose.

Le rat-pine : (Oh !)
Je ne donnerai pas de définition, pour ne pas vous froisser ni vous voler votre temps. (oui, je sais, c'est de l'auto-censure, mais ce blog est ouvert à tous et je ne veux blesser aucune sensibilité. Mais ce n'est pas de ma faute si ce rat existe !)

Le rat-gland :
Non, non, il n'y a aucun rapport avec le précédent ! Il s'agit d'un petit rat brun foncé, pas très futé et qui tient son nom du fait qu'il habite ordinairement, dans les vieux chênes au tronc évidé. Il se caractérise par une atrophie des épaules, de sorte que les pattes antérieures sont directement liées au cou de l'animal.

La rate in :
Une "fashion victim" qui ne peut survivre qu'entourée de vêtements faits d'étoffes de brins frisés.

Le rat-mage :
C'est un petit muridae, au museau coquin et à l'œil égrillard, qui apparaît et disparaît de façon subite dans un scintillement d'étoiles. Son cri, mélodieux, rappelle le chant d'un petit passereau, mais il n'en possède pas le plumage.

Si vous aussi, pendant vos balades, randonnées, séances d'introspection ou plus simplement au boulot, vous avez rencontré des petits rats étranges, n'hésitez pas à participer à l'élaboration de ce bestiaire.